Béatitude

chez Fichte, sentiment qui résulte de la parfaite compréhension intellectuelle. Sur les notions de béatitude, de bonheur, de plaisir et de joie, v. Dictionnaire Larousse de la philosophie, (format de poche) par D.Julia, p.36-37, article « bonheur » : état de complète satisfaction. « Le bonheur est la saveur même de la vie… Agir est une joie » (Alain).



La certitude :

La 23ème Leçon de la W.L. de 1804 de Fichte développe une analyse de la certitude (Gewissheit). La certitude consiste à la fois à se reconnaître dans l'objet dont on parle et à se rendre présent dans le contenu de son discours. Il y a un double mouvement d'intériorisation et d'extériorisation : la reconnaissance à un caractère intellectuel : c'est une compréhension. L'expression de soi à le caractère pratique d'un engagement concret de la liberté (26ème Leçon de la W.L.). La certitude est le signe de toute pensée réflexive authentique : "nous sommes ce que nous disons", le sujet s'identifie à son objet ; elle est la pierre de touche de la rigueur réflexive.

sur la différence entre certitude et évidence v. D. Julia, Dictionnaire Larousse de la philosophie (format de poche, 302 p.), article « évidence » p.86.



Liberté

toutes les définitions et les explications dans le Dictionnaire Larousse de la philosophie (format de poche) par D. Julia : « notion qui se définit négativement comme l’absence de contrainte ; positivement comme l’état de celui qui fait ce qu’il veut ».

Le problème philosophique est celui d’une définition et d’une preuve de la liberté, justifiant le « sentiment vif et intense » (Descartes) que nous avons d’être libres… Les cinq niveaux de la liberté…

Le problème social de la liberté est lié au bien-être de l’homme. Une nation ne peut être libre lorsque la misère y règne…

Comment concilier la liberté individuelle et la loi sociale …

Données historiques : la philosophie classique (17ème s) a vu s’opposer les théories de la prédestination (Leibniz) avec l’humanisme volontariste (Descartes)…

Qu’est-ce que la liberté ? un pouvoir d’agir et non de penser…

En quoi consiste la liberté ? dans la puissance de notre raison, de notre volonté sur notre vie …

Valeur de la liberté : seule la vie libre peut avoir une valeur morale. « Etre libre est un bien ; devenir libre, c’est le ciel » (Fichte).



Phénoménologie
, étude descriptive d’un ensemble de phénomènes. V. Dictionnaire Larousse de la philosophie par D. Julia (format de poche).

La phénoménologie désigne aujourd’hui tout un courant de pensée qui se réclame sinon des concepts, du moins de la méthode du philosophe allemand Edmond Husserl (1859-1938). Husserl fut d’abord un logicien attaché à « décrire » les opérations de l’esprit, à dégager les « essences » que l’intelligence perçoit dans les relations logiques. Le principe de sa méthode est le retour à « l’expérience vécue » sous-jacente à toute opération mentale. Ce retour au concret, à l’intuition originaire « des choses mêmes » consiste pour Husserl à saisir « la vie de la conscience » derrière ses productions, à retrouver par exemple, dans l’analyse mathématique, derrière les chiffres l’essence de la numérotation. Husserl a laissé de nombreux travaux inédits, qui sont régulièrement publiés et élargissent le champ d’investigation de la phénoménologie à toutes les données de l’existence. Une vivante école phénoménologique s’est développée à partir des Archives Husserl instituées à Louvain (Belgique) par le père H.L. Van Breda (1911-1974). Au fil du temps de nombreuses antennes de l’école phénoménologique se sont créées dans le monde, notamment en Allemagne, en France, en Autriche, aux Etats-Unis, au Japon, en République tchèque, en Australie.

Ce retour aux choses mêmes conduira Maurice Merleau-Ponty (1908-1961) à développer une Phénoménologie de la perception (1945) qui décrit l’expérience de la perception et celle du corps en général (le « corps-propre ») comme le point de contact originaire entre l’esprit et le réel. Emmanuel Levinas (1905-1995), après avoir analysé La Théorie de l’intuition dans la phénoménologie de Husserl (1930), montrera comment la méthode phénoménologique permet d’appréhender la réalité vivante de l’existence (En découvrant l’existence avec Husserl et Heidegger, 1949) ; il décrira le fait ontologique saisi dans la plénitude de la présence au monde et dans la relation à autrui. En Allemagne, Eugen Fink (1905-1975), ancien assistant de Husserl, suivra un mouvement parallèle : Das Problem der Phenomenologie Husserls (1938) conduira à poser le problème de la connaissance de l’être et soulignera le lien entre phénoménologie, philosophie de l’existence et ontologie.

Mais dans l’histoire de la philosophie, c’est la Wissenschaftslehre ou Théorie de la science de J.G. Fichte (1762-1814) qui a marqué la naissance de la phénoménologie. Fichte montre comment, pour saisir l’essence de la pensée humaine, l’analyse doit remonter en deçà des concepts logiques pour retrouver l’expérience vécue de la compréhension réflexive (passage de « la théorie de la raison » à « la phénoménologie » dans le grand exposé de la W.L. 1804). La philosophie ne saurait se contenter d’être une réflexion sur des objets de l’expérience ; elle doit se comprendre comme une réflexion à partir de notre expérience primordiale, qui correspond à un ensemble d’actions et de réactions à l’égard de la nature et des autres constitutif de la personnalité, à un type d’engagement dans le monde que nous avons librement (bien que parfois inconsciemment) décidés avant de réfléchir et qui donne sa tonalité, sa « couleur propre » à notre vie. C’est en ce sens que la philosophie est une pratique phénoménologique En analysant l’expérience de la pensée, il montre comment les idées que projette cette analyse s’appliquent à cette analyse même et sont donc les reflets ou les phénomènes de cette expérience. La phénoménologie, pour être philosophique, doit comporter, selon l’expression de H. L. Van Breda fondateur des Archives Husserls, une théorie de la phénoménalité du phénomène, c’est à dire une ontologie. Sur ce point, les analyses de Fichte restent d’une force et d’une richesse inégalées.